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L’Ataxie et moi : étudier pour prendre sa place

Re-salut cher lecteur !

D’abord, votre accueil pour mon premier article me fait chaud au cœur, vraiment, vraiment ! Je ne peux répondre personnellement à tous vos commentaires tellement il y en a,  mais je tenterai d’y répondre grossièrement à travers mes textes alors, j’espère ne pas trop vous décevoir !!

En ce sens, prêt pour un deuxième round et, surtout, prêt à me suivre dans mes aventures, dans ma réalité d’handicapée ? J’espère que oui parce que, moi, j’en suis impatiente ! Et je vais embrayer de suite sur le sujet du jour : les études postsecondaires pour un handicapé, un être différent…

Car, effectivement, un handicapé EST un être différent, mais un être humain avant toute chose. Avec les mêmes besoins fondamentaux par conséquent, et une sensibilité exacerbée en prime. Avec les mêmes ressentis souvent, parfois les mêmes rêves et la même volonté de faire ses preuves. La majorité des handicapés, que le handicap soit mental ou physique, veut juste être considérée normalement et prendre sa place dans la société. Pour ce faire, un handicapé se tournera soit vers le marché du travail, soit vers les études postsecondaires s’il est encore relativement jeune , histoire de développer son potentiel.

Personnellement, j’étais dans le deuxième cas ! Comme j’avais seulement quinze ans lorsque j’ai été diagnostiquée de l’AF, je voyais déjà mon avenir s’assombrir à l’aube de ma vie d’adulte. Mais je voulais vivre, en profiter et prouver ma valeur. Prouver que j’avais une place sous le soleil comme tout le monde et que la maladie ne me définissait pas. Que je n’étais pas qu’un boulet vivant aux crochets de mon entourage ! Je devais donc m’illustrer dans un domaine où je pourrais concurrencer n’importe qui et que j’aimerais ; ça m’avait alors menée sur la voie des études supérieures…

Voie que j’ai emprunté pour dix-sept ans de dépassement de soi et de réalisations mais, à bien y penser, je n’ai jamais vraiment aimé l’école, c’est ça le pire !! Moi, étudier et retenir des trucs qu’on m’imposait, je ne raffolais pas de ça à la base… Mais j’y étais douée et j’adorais apprendre, étant très curieuse, il fallait juste que ce soit à mon rythme (plutôt rapide) et sur des sujets qui m’intéressaient.^^

C’est pourquoi j’ai autant apprécié mon parcours universitaire : on pouvait y choisir ses cours. C’était fantastique de pouvoir ainsi cibler son apprentissage ! Après un DEC en science nature au cégep (3 ans), j’ai donc réussi un baccalauréat en sciences biologiques (4 ans) et une maîtrise en recherche génétique (3 ans) afin de comprendre cette maladie qui m’arrachait ma vie. Et récemment, j’ai complété un deuxième baccalauréat en littérature de langue française pour parfaire mon style d’écriture et mieux communiquer mon mal-être. ma réalité !

De plus, les milieux académiques sont de plus en plus performants pour encadrer au mieux les élèves en situation de handicap que ce soit au niveau technologique, matériel ou même en terme de ressource humaine (accompagnateur, interprète, traducteur, etc.) La plupart des établissements scolaires possède un petit département pour gérer ce type d’accommodement – celui de l’Université de Montréal est assez bien développé notamment –, renseignez-vous !

Quant à l’aspect financier, si vous êtes atteints d’une déficience fonctionnelle majeure reconnue par un spécialiste de la santé – telle une Ataxie – auprès du gouvernement du Québec, les versements de « Prêt et Bourse » du ministère de l’éducation se transforme automatiquement en bourse (http://www.afe.gouv.qc.ca/). Mais pour la première demande, voyez avec le département s’occupant des élèves en situation de handicap de votre établissement cité dans le paragraphe précédent ! Aussi, il existe une panoplie de bourses d’étude supplémentaires s’appliquant selon les cas, encore une fois, soyez alerte !

Bref, tout ça pour dire que votre handicap n’a pas à mettre un frein à votre envie de vous cultiver, j’en suis la preuve vivante, ça demande juste plus d’efforts et d’organisations car les embûches y sont nombreuses. On s’aperçoit d’ailleurs avec le temps que le redondant « pourquoi » importe peu, c’est le « comment on réagit face à l’adversité » qui compte ! Alors, de grâce, ne laissez pas la maladie vous définir !!

Pour notre prochaine rencontre, certains m’ont demandé mon avis sur les essais cliniques à venir ; ça s’enligne donc pour être mon prochain sujet !

À dans deux semaines !!

Commentaire (5)

  1. Reply
    Guy Dugas says

    Atteint de ARB diagnostiqué en 2001 (63 ans), je ne savais pas que j’étais malheureusement gagnant à cette loterie génétique.
    DEC en électrotechnique (1973-76) et Baccalauréat en biologie (1984-87) + certificat en enseignement + etc.
    Je te félicite d’avoir démontrer autant de résilience, pour ma part je n’ai pas de formation littéraire, mais j’écris et j’ai terminé mon premier roman en mars 2018, je suis aussi blogueur citoyen sur le site  » graffici.ca « 

  2. Reply
    Isabelle Desmarais says

    Salut Manu, très intéressant ton parcours. C’est très inspirant. à la prochaine !

  3. Reply
    Pierrette says

    Bonjour,
    j’aime bien te lire, et tu m’aides à mieux saisir mes deux petites nièces atteintes de l’Ataxie.
    immense merci!

  4. Reply
    Josée Tétreault says

    Super intéressant ce blogue. Merci Manu!

  5. Reply
    yves tapp says

    bonne idée les nouveau témoignage.

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